Partager l'article ! L'Enfance De L'Art: ...
Je crois ne pas vouloir quitter l'enfance.
Cette période où l'école n'existait pas, mais nous attendait.
La tristesse ne faisait qu'à peine partie de ma vie.
Les "mots méchants" ne m'appartenaient guère.
Je me balançais, je voulais toucher le ciel.
Peut-être une soif de puissance ou une prémonition du
p
a r a d i s.
La conception de l'humain m'était inconnue.
Maintenant, on banalise celle-ci.
Les fleurs me fascinaient.
Comme l'éclosion et la mort.
La boîte aux lettres n'était pas remplie de factures, mais plutôt de cadeaux, de la pensée d'une personne.
L'argent allait dans une tirelire.
Aujourd 'hui on la dépense pour nous nuire.
Les licornes et leur chevelure de sirène représentait la
f é m i n i t é.
Les préjugés étaient destinés aux enfants qui
n'étaient pas sages.
C'était une période d'innocence et de pureté.
Comme l'eau de source du Bas St-Laurent.
La
nuit nous était trop mystérieuse et effrayante.
C'était
une raison de plus pour ne pas dormir.
Nos corps filiformes et identiques
faisaient de nous des
e
l f e s.
Nous étions enfant(s).
Nous étions.
Notre
peau était parfaite,
malgré nos petits bobos.
Les coups étaient rares, mais nous
ont marqués.
L'imagination était fraîche, exempte
de polluants nocifs.
Notre vision unique du monde des
grands s'est oubliée.
Mon enfance à passée
tellement
vite. Je m'avais
fait souvent
dire d'en
profiter au maximum.
Je ne crois pas l'avoir fait du mieux que je
le p o u v a i
t.
Je
verserais des larmes de voir comment je traite les
enfants maintenant.
C'est à mon tour.
À ma façon.
Ce que j'ai déjà été.
J'en pleure.
Je le regrette.
Je pense obsessivement au passé.
Je fais ce que je n'aurai pas voulu subir.
Ces gestes anodins.
Les mots me manquent pour décrire.
J'ai peur de la vérité.
Des véritables mots.
Je ne peux plus y toucher.
C'est
c r i s t a l l i s é.
Souvenirs.
Objets.
Dessins.
Écrits.
Photos.
Vidéos.
Voilà ce qui nous reste de notre enfance, à part peut-être
nos ami(e)s et notre famille.
Sincèrement, Maximilien Porowski Laurier.